C’est une des séries les plus sous-estimées des consoles PlayStation qui nous revient avec Yakuza Zero : The Place of Oath, qui opte pour la préquelle afin de continuer à capitaliser sur un concept qui marche… et qui ne bouge pas trop.
Un après-midi avec Yakuza Zero : The Place of Oath
En voilà un que plus personne n’attendait. Après tout, la série Yakuza a toujours eu du mal à décoller dans nos contrées. À tel point que SEGA s’est laissé aspirer dans un cercle vicieux, préférant ne pas traduire ses jeux en français pour éviter des coûts. Ce qui a fatalement dû rebuter certains joueurs ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare. On peut tout de même dire qu’on a gagné au change puisque de Yakuza 2 à Yakuza Zero, tous les épisodes nous offrent un doublage japonais d’excellente facture.
Étant un grand fan de la saga, j’ai dévoré chacun des épisodes parus sur notre continent. La perspective de retrouver Kiryu Kazuma, mafieux qui suinte le charisme, n’était donc pas pour me déplaire, d’autant que les développeurs ont cette fois joué la carte de la préquelle. Un truc vieux comme le cinéma mais qui constitue en réalité l’occasion rêvée pour les néophytes de s’initier à Yakuza. Les habitués devraient aussi y trouver leur compte, même si le coup de vieux ne devrait pas passer inaperçu.
L’âge, ça compte chez les Yakuza
Qu’on se le dise : Yakuza Zero affiche les traits d’un mafieux fatigué. Non, le jeu n’est pas moche mais son interface n’a pratiquement pas bougé depuis plus de 10 ans. On note quelques nouveautés, comme cette espèce d’arbre de compétences (j’y reviendrai) qui permet de faire évoluer ses personnages, mais dans l’ensemble, le concept stagne. Cheveux figés, décors en plastique, PNJ insipides et animations recyclées – le tout dans le quartier chaud de Kamurocho qu’on connaît désormais par coeur – ne font qu’appuyer ce constat.
Heureusement, le passage à la PS4 permet des traits et des animations un peu plus nets, tandis que certaines cutscenes recourent à des plans fixes avec un grain vintage dont se revendique le jeu. Les développeurs ont d’ailleurs zappé les animations de la bouche lors des dialogues durant ces séquences-là, un moyen ingénieux d’économiser du travail (bien joué, SEGA !). Les cinématiques sont quant à elles toujours magnifiques, sublimées par le jeu d’acteurs qui donne à Yakuza Zero cette dimension épique si chère à la saga. Malgré tout, Yakuza Zero porte bien son tag de préquelle car la série commence à sérieusement vieillir et ce n’est plus de rafistolage chirurgical dont elle a besoin mais d’un moteur flambant neuf.
Yakuza Zero : là où tout a commencé
La force des jeux Yakuza a toujours résidé dans leurs histoires épiques, où l’honneur, la trahison, la corruption et les rebondissements impossibles jouent un rôle important. Yakuza Zero ne déroge pas à la règle et nous propose un scénario avec tous les savoureux ingrédients de ses aînés. Mieux encore, contrairement aux épisodes 3, 4 et 5 qui proposaient une histoire un peu complexe (trop de personnages, trop de rebondissements, trop de n’importe quoi…), le retour aux origines de cet opus permet d’aller droit au but. Le scénario n’en reste pas moins surprenant mais évite de s’égarer. Le côté épique doit également beaucoup à la mise en scène impeccable qu’on applaudit des deux mains.
On se demandait par ailleurs qui allait accompagner Kiryu cette fois-ci, le jeu se déroulant dans le passé. Pour le coup, les scénaristes n’auraient pu mieux choisir. C’est Goro Majima qui passe à la casserole, un des personnages préférés des fans. Non seulement il enrichit le gameplay par sa présence mais en plus, découvrir le mafieux au charisme diabolique (et un peu dérangé) sous un autre jour est une expérience en soi. On aurait aimé un nouveau contexte géographique pour découvrir les origines de ce personnage emblématique mais on se contentera d’Osaka, recyclé d’un autre opus. Du reste, on ne peut qu’apprécier le scénario et l’ambiance du jeu, qui respecte les codes des années 80 avec des portables ressemblant à des briques, des bipeurs, des tenues d’époque et surtout – pour les adeptes – des références aux volets précédents.
Ça tape là où ça fait mal
Grand classique de la saga : les combats. Une fois de plus, Yakuza Zero nous propose des affrontements nerveux et violents, avec des sensations très immersives à la clé. La difficulté se situait dans le besoin de créer des nouveaux combos pour Kiryu (histoire de respecter la chronologie). Pour pallier ce manque d’originalité, les développeurs ont conçu différentes poses de combat. Outre le classique, on a un style rapide (moins de dégâts) et un autre bestial (gros dégâts). Chaque style de combat a son propre arbre de compétences. Celles-ci peuvent d’ailleurs être achetées avec la monnaie du jeu. Une idée ingénieuse, sachant que les combats de rue – qu’on essayait d’éviter autrefois – rapportent désormais de l’argent selon vos performances. Un bilan positif donc pour les combats.
Le reste du gameplay reprend lui aussi ce qui fait le plaisir des fans. Des mini-jeux (qui renvoient aussi aux années 80) dans les salles d’arcade, du karaoké, du bowling, du baseball, des rencards avec des hôtesses (on peut d’ailleurs gérer ce business, cette fois !) et des trucs un peu pervers, marque de fabrique de la saga. Si on appréciera que les développeurs respectent l’esprit de la franchise, on regrettera que ces activités restent trop proches de celles qu’on connaissait. Les obsédés du 100% peuvent quant à eux compter sur une multitude d’objets à collectionner ou de sous-quêtes à accomplir. Si certains risquent de se lasser devant cet amas d’activités (des dizaines d’heures en perspective), notez que parcourir le scénario prendra bien facilement une quinzaine d’heures.
Résumé des scores
Graphismes
Fun
Jouabilité
Nouveautés
Yakuza du passé
On retrouve l'ambiance à la fois épique et kitsch de la série. Celle-ci commence toutefois à bien vieillir...
Revue de presse
7/10Gamekult |
–/20Gamergen |
17/20JV.com |
8/10Gameblog |
Conclusions hâtives de l’ami Musa
À l’annonce de Yakuza Zero : The Place of Oath, j’avais peur que les développeurs nous proposent une préquelle bon marché pour faire fructifier leur série qui marche si bien au Japon. Si c’était leur but, on ne peut pas dire que le résultat soit mauvais. Certes, le moteur date et certains éléments du jeu suintent le recyclage. Néanmoins, l’esprit épique de la saga est toujours présent, avec des performances et des cinématiques superbes. Le gameplay essaie tant bien que mal de se renouveler, même s’il se repose grandement sur une recette éculée. L’avantage de cet épisode, c’est qu’il plaira aux fans, tandis qu’il permettra aux néophytes de découvrir la saga, l’histoire se déroulant avant le reste. Et avec l’arrivée en été du remake du premier épisode, on peut dire que SEGA a bien joué ses cartes.
Et sinon, y a-t-il des connaisseurs de la série Yakuza dans la salle ? Avez-vous joué à ou êtes-vous tentés par Yakuza Zero ? Dites-nous tout en commentaires.
Plus d’infos sur le site officiel de Yakuza Zero : The Place of Oath.
À très bientôt sur Sitegeek,
Musa
Du vieux avec du vieux
Bande-annonce :
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