Airoheart est passé sous les radars de la plupart des gamers et des testeurs. Et pourtant, je m’y suis collé entre deux réveillons afin de clôturer le millésime 2022 avec ce zelda-like sauce 16-bits !
Ne manquez pas ma review vidéo de Airoheart.
Airoheart – Pitch
Airoheart est sorti le 30 septembre 2022 sur Xbox, PlayStation, Switch et Steam. Je l’ai testé sur Xbox Series X. Développé par Pixel Heart Studio et édité par Soedesco, le titre n’a pas fait grand bruit lors de sa sortie, et n’a pas (encore ?) rejoint le Game Pass ou le PS+ Extra. Pour info, le jeu est également distribué en France, en version physique chez Just For Games, pour environ 45 euros.
Annoncé et assumé comme un hommage à Zelda 3 – A Link to the Past, Airoheart raconte l’histoire d’un jeune héros élu éponyme, entendez bien Airoheart. Ce jeune homme est désigné pour sauver son village et rétablir la paix entre les Djomes et les Elmes. Pour ce faire, il va devoir explorer cet open world tout de 16-bits vêtu, développer ses compétences au fur et à mesure de ses rencontres et traverser des donjons. Au bout de chacun d’entre eux, il pourra récupérer un fragment de la pierre de Draoidh, afin de tous les rassembler.
Sans vous spoiler le scénario et ses surprises, Airoheart parvient à vous tenir en haleine. Les personnages secondaires ont énormément de choses à vous raconter. Les développeurs n’ont pas lésiné sur le lore contextuel des différents intervenants. De plus, votre héros va, au fur et à mesure de l’aventure, apprendra des secrets sur les siens, et sur sa famille. Le poids de sa quête et des pierres de Draoidh, qu’il doit collecter, vont progressivement de plus en plus le tourmenter. À l’instar de l’anneau de Tolkien sur son Hobbit Frodon, l’objet de la quête de Airoheart va jouer un rôle primordial dans l’aventure.
Gameplay d’Airoheart – S’inspirer, c’est plagier ?
Donjons et combats pour un zelda-like
En qualité de gameplay, on nage à nouveau dans le schéma de son modèle. Votre avatar Airoheart possède quelques capacités de base. Ainsi, il peut marcher, donner un coup d’épée, interagir avec les éléments. Rapidement, il pourra utiliser un bouclier pour se protéger des attaques lointaines. Vous pourrez améliorer chacune de ses compétences en récupérant des objets dans des coffres ou en passant chez l’artisan du coin. Vous disposez aussi d’un journal, à travers lequel les bonus ultérieurs pourront être gérés. Tout votre arsenal agit exactement comme dans un Zelda, et ça fonctionne assez bien.
Vous pourrez rapidement faire des roulades et de longs sauts grâce aux lacets magiques ou soulever des cailloux plus lourds en récupérant de la force. Ces upgrades vous donneront accès à certaines zones. C’est d’ailleurs ainsi que le level design parvient à canaliser vos élans. En effet, le monde étant totalement ouvert, il se peut que vous passiez dans le 3e château, avant d’avoir accompli le 2e. Or, vos ardeurs seront rapidement freinées, puisque pour pouvoir entrer, vous devrez soulever un rocher, trop lourd pour vous, sans l’objet récolté à la fin du second donjon.
Cela nous ramène aux deux aspects principaux de Airoheart : l’exploration du monde ouvert et l’art du combat.
Airoheart – Exploration quand tu nous tiens !
L’open world dans lequel se déroule l’aventure est très grand. Étant donné que vous récupérez peu d’indices concernant votre aventure, vous allez passer beaucoup de temps à faire des allers-retours sur la map. Si cela fonctionne et fait honneur à la richesse de l’environnement, force est de constater que cela tend à devenir très récurrent, et même souvent lassant. La carte vous indique les donjons à traverser. Néanmoins, pour les atteindre, vous allez devoir scruter les moindres recoins de l’environnement et fréquemment, vous passerez à côté des accès.
Une deuxième carte de téléportation apparait à certains endroits, mais elle ne règle pas les problèmes d’errance. C’est le point faible du titre. Entre manque de lisibilité et manque d’indications, on nage trop souvent dans le flou, avec l’impression de perdre son temps. Si cela allonge considérablement la durée de vie de Airoheart, cela tend aussi à le rendre à certains moments rédhibitoires. Le constat est le même dans les donjons. Les puzzles sont finalement assez simples, mais le fait qu’il n’y ait pas de cartes dédiées dans ces phases intérieures, déboussole votre sens de l’orientation, sans réelle plus-value en termes de challenge.
Airoheart – L’art du combat
Les combats reposent donc sur l’évolution de vos compétences et de votre arsenal. Ainsi, en commençant avec une simple épée, vous allez crescendo vous constituer un arsenal assez impressionnant. L’utilisation des bombes, de l’épée, du bouclier, de l’arc à flèches et autres sucreries se pratique dans les règles de l’art. Là où Airoheart se démarque un chouia, c’est via l’utilisation de la magie. Pour cela, vous devez récupérer des pierres de runes. En les additionnant à votre bâton, vous allez pouvoir générer de la magie et des attaques de plus en plus invasives. Cette gestion est parfaite. Elle reflète totalement l’esprit de Zedla 3, elle le copie même, mais elle fonctionne évidemment toujours aussi bien. Lors de l’ascension du 3e donjon, les mécanismes de téléportation vont s’ajouter et le sentiment gratifiant du bel upgrade de votre héros vous envahira.
Néanmoins, certains points viennent ternir cette belle vision du combat. Vos déplacements en diagonale sont très imprécis. La hitbox de vos ennemis est souvent très courte. Mais surtout, lorsque vous êtes touché, votre personnage n’a aucun temps de récupération. Malheureusement, dans les situations où vous êtes acculé dans un coin par plusieurs ennemis, cela rend les combats très raides. Ce manque de fluidité se ressent aussi lors des phases d’exploration. Les interactions se font au pixel près, et pour un millimètre, vous pouvez passer à côté d’un passage ou d’une interaction importante.
Malgré ces imprécisions, l’ensemble fonctionne tout de même assez bien et vous poussera à tenir compte de ces particularités de gameplay pour progresser et tenter de les appréhender. Mais cela va corser certains passages, encore une fois, de manière peu naturelle et à la limite du désagréable.
Technique – Pixel Art 16-bits oui mais…
Techniquement, Airoheart copie encore une fois sur son modèle. Néanmoins, qu’il s’agisse de ses atouts visuels ou sonores, il est un cran en dessous. Les environnements sont certes variés selon la zone où l’on se trouve, mais à l’intérieur de chacune d’entre elles, ils sont terriblement répétitifs. La zone principale, très boisée, est noyée dans un nombre incalculable de sprites verts, bruns ou gris. La palette de couleurs n’est jamais nuancée. La partie désertique n’a aucun relief, avec des étendues vides, remplies d’un jaune monotone. Le côté délicatement dessiné du maître Zelda 3 a été mis de côté. Les ennemis et les personnages souffrent du même manque d’ambition. C’est dommage. Avec les outils d’aujourd’hui, tant qu’à plagier un chef-d’œuvre de 1992, autant le magnifier en prenant le temps de sortir le grand jeu.
Concernant les musiques, elles sont, elles aussi, une pâle copie des musiques du jeu de Miyamoto, le côté culte en moins. Néanmoins, elles suffisent à encadrer l’ensemble et à dynamiser l’aventure. Les bruitages quant à eux ne font pas dans la dentelle et n’assurent que le service minimum.
Autrement dit, le style 16-bits a bon dos pour justifier une mise en scène rudimentaire. C’est dommage, car avec plus de finesse et d’audace, l’emballage cosmétique de Airoheart aurait pu faire oublier ses longueurs d’explorations et ses imprécisions de gameplay.
Avis Airoheart
Airoheart est un bon jeu pour qui cherche à retrouver ses sensations d’antan. Il copie Zelda 3 A link to the Past à tous les étages, mais en aucun cas, il ne lui rend véritablement hommage. Pour ma part, j’ai passé une vingtaine d’heures sur ce titre. Je me suis perdu, je me suis énervé, mais je me suis malgré tout bien amusé. Si vous aussi, la Super Nintendo vous manque, donnez-lui sa chance lorsqu’il sera en promo. Pour les autres, il va falloir vous accrocher. Airoheart est une Madeleine de Proust bien ficelée, mais il n’est pas cousu de fil d’or.
Alors, il vous tente ce jeu ? Dites-nous tout dans les commentaires !
Vega.